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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 20:46

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.


Car elle me comprend, et mon coeur transparent
Pour elle seule, hélas! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.


Est-elle brune, blonde ou rousse? Je l'ignore.
Son nom? Je me souviens qu'il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la vie exila.


Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.


 

Paul Verlaine (Poèmes saturniens)

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Published by revolutie - dans Histoires et poèmes
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commentaires

freya 13/01/2010 22:40


Quel joli poème. Je me souvenais bien du début mais point de la fin.
Un plaisir de le relire ce soir.