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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 23:27

 

Pour une traduction en Français de ce merveilleux poème allez ici link 
Cristi Barbulescu
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Published by Cristi Barbulescu - dans Histoires et poèmes
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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 22:48

Tu peux m'ôter le pain,

m'ôter l'air, si tu veux ;

ne m'ôte pas ton rire;

Ne m'ôte pas la rose,

le fer que tu égrènes

ni l'eau qui brusquement

éclate dans ta joie

ni la bague d'argent

qui déferle de toi.

De ma lutte si dure

je rentre les yeux las

quelquefois d'avoir vu

la terre qui ne change

mais, dès le seuil, ton rire

monte au ciel, me cherchant

et ouvrant pour moi toutes

les portes de la vie.

A l'heure la plus sombre

égrène, mon amour,

ton rire, et si tu vois

mon sang tâcher soudain

les pierres de la rue,

ris : aussitôt ton rire

se fera pour mes mains

fraîche lame d'épée.

Dans l'automne marin

fais que ton rire dresse

sa cascade d'écume

et au printemps, amour,

que ton rire soit comme

la fleur que j'attendais,

la fleur guède, la rose

de mon pays sonore.

Moque-toi de la nuit,

du jour et de la lune,

moque-toi de ces rues

divagantes de l'île,

moque-toi de cet homme

amoureux maladroit,

mais lorsque j'ouvre, moi,

les yeux ou les referme,

lorsque mes pas s'en vont,

lorsque mes pas s'en viennent,

refuse-moi le pain,

l'air, l'aube, le printemps,

mais ton rire jamais

car alors j'en mourrais.

 

Pablo Neruda

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Published by Cristi Barbulescu - dans Histoires et poèmes
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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 16:27

Le temps irrévocable a fui. L'heure s'achève.
Mais toi, quand tu reviens, et traverses mon rêve,
Tes bras sont plus frais que le jour qui se lève,
Tes yeux plus clairs.

A travers le passé ma mémoire t'embrasse.
Te voici. Tu descends en courant la terrasse
Odorante, et tes faibles pas s'embarrassent
Parmi les fleurs.

Par un après-midi de l'automne, au mirage
De ce tremble inconstant que varient les nuages,
Ah ! verrai-je encor se farder ton visage
D'ombre et de soleil ?

 

Paul-Jean Toulet

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Published by revolutie - dans Histoires et poèmes
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3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 20:07

L’homme qu’elle aimait était parti. Rien
ne le ramènerait assurément, car il avait préféré mourir que...
Que « quoi » au juste ?
Elle ne savait pas, elle ne saurait jamais parce qu’il était parti sans rien dire.
Quelle douleur l’avait torturé ?
A quel espoir insatisfait avait-il répondu :
« Non, je refuse d’accepter, de cesser d’espérer, de ne pas recevoir ce que j’attends depuis l’enfance, la naissance, l’incarnation ou mes vies antérieures. Je refuse que le monde soit ce qu’il est. Je refuse ce que je suis ».
Qui sait ?
Lui-même, a-t-il reconnu, avant de mourir, ce qui le tuait ?
Elle était restée au bord d’un vide, incapable de sauter, incapable de reculer, avec cette blessure ouverte : « Pourquoi ? »
Elle avait tenté de vivre, tenté de le haïr pour le rejeter de sa vie, tenté d’aimer sa souffrance jusqu’à l’acceptation. Mais il y avait toujours ce « Pourquoi ? »
Désormais, chaque jour qu’elle vivait, elle se demandait aussi : « Pourquoi vivre ? »
Le Bouddha traversait la ville, elle traversait la rue. Elle n’est pas venue à lui, elle ne croyait pas qu’une main puisse se tendre dont elle sentirait la présence.
Saripûtra, le grand disciple, inspiré par la compassion du Bouddha lui demanda :
- Maître, un homme est à terre, blessé d’une flèche, que doit-il faire ?
- Saripûtra, cet homme demandera-t-il : « Quel est l’homme qui a tiré cette flèche? Quel est sa caste et son pays ? Quel est le nom de son arc ? Pourquoi a-t-il tiré ? », ou bien demandera-t-il : « Quelle est ma blessure, comment puis-je la soigner, où habite le médecin ? »
- Maître, assurément l’homme se demandera quelle est sa blessure et comment la soigner.
- Comment se fait-il, Saripûtra, que nous répondions si justement pour les blessures concernant le corps physique et que nous posions les questions concernant l’origine de la flèche et le nom de l’arc lorsque nos blessures sont invisibles pour les yeux ?
Elle traversa la rue, il traversa la ville.

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Published by revolutie - dans Histoires et poèmes
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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 18:43


Je me sens si condamnée par tes mots
Je me sens tellement jugée et repoussée,
Avant de partir, j'aimerais savoir,
Est-ce cela que tu voulais dire?
Avant que je ne me lève pour ma défense,
Avant que je ne parle poussée par ma souffrance
ou par la peur
Avant que je ne construise un mur de mots,
Dis-moi, ai-je bien entendu?
Les mots sont des fenêtres, ou bien ils sont des murs.
Ils nous condamnent ou nous libèrent.
Lorsque je parle et lorsque j'écoute,
Puisse la lumière de l'amour rayonner à travers moi.
Il y a des choses que j'ai besoin de dire,
Des choses qui signifient tant pour moi,
Si mes mots ne rendent pas mot message limpide,
M'aideras-tu à me sentir libre?
Si j'ai paru te rabaisser,
Si tu m'as crue indifférente,
Essaie d'écouter par-delà mes mots
Les sentiments que nous partageons.


Ruth Bebermeyer

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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 10:51


Si la note disait:
Ce n'est pas une note qui fait une musique...
il n'y aurait pas de symphonie.

Si le mot disait:
Ce n'est pas un mot qui peut faire une page...
il n'y aurait pas de livre.

Si la pierre disait:
Ce n'est pas une pierre qui peut monter un mur...
il n'y aurait pas de maison.

Si la goutte d'eau disait:
Ce n'est pas une goutte d'eau qui peut faire une rivière...
il n'y aurait pas d'océan.

Si le grain de blé disait:
Ce n'est pas un grain de blé qui commence un champs...
il n'y aurait pas de moisson.

Si l'homme disait:
Ce n'est pas un geste d'amour qui peut sauver l'humanité...
il n'y aurait pas de bonheur.

Comme la symphonie a besoin de chaque note,
Comme le livre a besoin de chaque mot,
Comme la maison a besoin de chaque pierre,
Comme l'océan a besoin de chaque goutte d'eau,
Comme la moisson a besoin de chaque grain de blé,
L'humanité toute entière a besoin de toi,
Là où tu es, là comme tu es,
Avec ta joie, ton espérance, ta souffrance, ta misère,
L'humanité toute entière a besoin de toi
car tu es unique et irremplaçable.


Michel Quoist.

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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 18:12

"Je leur conte la vie, et que, dans nos douleurs
Il faut que la bonté soit au fond de nos pleurs,
Et que, dans nos bonheurs, et que, dans nos délires,
Il faut que la bonté soit au fond de nos rires;
Qu'être bon, c'est bien vivre, et que l'adversité
Peut tout chasser d'une âme excepté la bonté"


Victor Hugo, extrait
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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 22:46


J'ai dit à mon coeur, à mon faible coeur :
N'est-ce point assez d'aimer sa maîtresse ?
Et ne vois-tu pas que changer sans cesse,
C'est perdre en désirs le temps du bonheur ?

Il m'a répondu : Ce n'est point assez,
Ce n'est point assez d'aimer sa maîtresse ;
Et ne vois-tu pas que changer sans cesse
Nous rend doux et chers les plaisirs passés ?

J'ai dit à mon coeur, à mon faible coeur :
N'est-ce point assez de tant de tristesse ?
Et ne vois-tu pas que changer sans cesse,
C'est à chaque pas trouver la douleur ?

Il m'a répondu : Ce n'est point assez
Ce n'est point assez de tant de tristesse ;
Et ne vois-tu pas que changer sans cesse
Nous rend doux et chers les chagrins passés ?


Alfred de Musset

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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 20:46

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.


Car elle me comprend, et mon coeur transparent
Pour elle seule, hélas! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.


Est-elle brune, blonde ou rousse? Je l'ignore.
Son nom? Je me souviens qu'il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la vie exila.


Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.


 

Paul Verlaine (Poèmes saturniens)

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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 11:04

Que ce soit dimanche ou lundi
Soir ou matin minuit midi
Dans l'enfer ou le paradis
Les amours aux amours ressemblent
C'était hier que je t'ai dit
Nous dormirons ensemble

C'était hier et c'est demain
Je n'ai plus que toi de chemin
J'ai mis mon coeur entre tes mains
Avec le tien comme il va l'amble
Tout ce qu'il a de temps humain
Nous dormirons ensemble

Mon amour ce qui fut sera
Le ciel est sur nous comme un drap
J'ai refermé sur toi mes bras
Et tant je t'aime que j'en tremble
Aussi longtemps que tu voudras
Nous dormirons ensemble

 

Louis Aragon

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