Petite, pose tes mains sur mes genoux, L'éternité, vois-tu, est née au village. Ici les pensées viennent sans se presser, et le coeur frappe des coups plus espacés, comme s'il ne battait plus dans ta poitrine mais quelque part au fond de la terre. Ici la soif de rédemption peut s'étancher, et si tu sens que tes pieds saignent tu peux les reposer à même la glaise. Le soir venu, l'âme du village nous effleure. Elle passe pareille à la senteur discrète des foins, à la fumée tombée d'un auvent de paille, au jeu des chevreaux sur des tombes plus hautes.