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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 13:44

« Le surplomb audacieux de rochers menaçants, des nuées orageuses s’amoncelant dans le ciel et s’avançant parcourues d’éclairs et de fracas, des volcans dans toute leur violence destructrice, des ouragans semant la désolation, l’océan sans limites soulevé en tempête, la chute vertigineuse d’un fleuve puissant, etc. réduisent notre faculté de résistance à une petitesse insignifiante comparée à leur force. Mais leur spectacle n’en devient que plus attirant à la seule condition que nous soyons en sécurité ; et c’est volontiers que nous appelons sublimes ces phénomènes, car ils élèvent les forces de l’âme au delà de leur niveau habituel et nous font découvrir en nous une faculté de résistance d’une tout autre sorte qui nous donne le courage de nous mesurer à l’apparente toute-puissance de la nature » Kant, Critique de la faculté de juger, Analytique du sublime §28

 

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Published by Cristi Barbulescu - dans Textes célèbres
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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 12:49

Le processus de la pensée vraie, de la vraie pensée ou de la pensée libre ne commence qu'au moment où on remet en cause ce processus même

 

  • on ne pense vraiment qu'après s'être demandé « pourquoi ? » ; et, plus amplement, quand on interroge le sens, l'origine ou la cause de notre pensée

  • je vois un Arabe casser une vitre de voiture et il est possible que la première pensée qui me vienne à l'esprit soit « forcément, encore un Arabe » ; cette pensée n'en est pas vraiment une : elle est une « impulsion » psychique, une réaction instinctive mais en aucun cas une « vraie » pensée. Cette suite de mots « forcément, encore un Arabe » n'est pas consciemment choisie parmi plusieurs suites possibles mais elle s'impose à nous. Elle vient d'on ne sait où (ces expressions et « pensées » sont véhiculées par la société, nous les avons entendues dans des circonstances semblables et sommes soumis à leur apparition) et ne nous laisse pas la possibilité de décider de sa venue. En ce sens, et quand nous nous arrêtons là, nous ne pensons pas mais sommes pensés ; nous sommes le simple véhicule d'expressions inventées et propagées par d'autres. A ce moment-là, notre liberté de pensée est inexistante. La vraie pensée ne commencera qu'au moment où nous interrogerons cette expression toute faite et lui donnerons et trouverons des explications élargies.

  • pour penser il faut chercher l'origine des expressions qui nous traversent l'esprit

Cristi Barbulescu

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Published by Cristi Barbulescu - dans Pensées éparses
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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 11:47

La pétition est ici link

 

Pendant une visite de Mme. Nadine Morano du stand Kookaï une employée, Albane, fait une blague sur cette première en disant à un collègue que, pour mettre par terre le garde du corps il fallait d'abord "casser la gueule de Mme Morano". Pas de chance, Albane est entendue et vivement réprimandée. Elle s'excuse et reconnaît qu'elle avait eu un langage déplacé. Mais Mme Morano veut "des suites à ce dossier" et, hasard du sort, Albane est licenciée pour faute grave.
Certes le langage d'Albane a été quelque peu déplacé, mais quelque chose me dit que le licenciement a plus à voir avec la position de Nadine Morano (qui est, attention, ministre !) qu'avec l'attitude incorrecte de l'employée. Puis, rappelons nous, quand le président de la République, M. Sarkozy, avait dit à un agriculteur "casse toi pov'con" il n'a pas été licencié pour faute grave. Ces politiques sont-ils là pour représenter les intérêts du peuple ? Les dirigeants de Kookaï ont-ils perdu leur honneur ? Qu'ils la regagnent en gardant Albane.
Ce licenciement est abusif. Un simple blâme aurait été plus juste.
L'histoire révélée par Rue89 se trouve ici http://www.rue89.com/2011/05/30/elle-plaisante-sur-morano-et-est-licenciee-pour-faute-grave-206765

Nous demandons l'annulation sans conditions du licenciement et la réintégration d'Albane au même poste et sous le même contrat.
Albane a déjà présenté ses excuses. A Kookaï et à Mme. Morano de présenter les leurs pour les suites exagérées et absurdes de cette simple histoire entre deux personnes égales en valeur.

 

Cristi Barbulescu

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Published by Cristi Barbulescu - dans Politique et société
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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 18:02

Ce matin, sur RTL, radio que, vous me pardonnerez, je n'écoute jamais (d'ailleurs, rien qu'à lire certains commentaires ici link, à gauche de la page, on comprend un peu quel genre de public s'y intéresse...) était invitée madame Jeannette Bougrab, qui représente, avec d'autres, la volonté (bien sûr exempte d'hypocrisie électorale) du gouvernement de se montrer égalitaire et non-discriminatoire. Sans nier ses compétences politiques dont je ne doute pas puisque, avant aujourd'hui, je n'avais jamais entendu parler d'elle, je me permets de douter de ses rapports logiques et de sa capacité à cerner les enjeux (à moins qu'elle ait d'autres intérêts que le bien du peuple et la justice, mais cela m'étonnerait, elle de droite quand même...) politiques, philosophiques et sociaux de ses propos.

 

Premièrement, sur le port du voile intégral (qui couvre donc le visage en entier) dans les lieux publics (traduction : nous sommes contre l'oppression de la femme dans les lieux publics, par contre si cela se fait dans les lieux privés, nous n'avons rien à y redire) : je suis contre l'oppression sous toutes ses formes et je voudrais que les êtres puissent être tels qu'ils ont envie d'être ; il est évident que le système du voile est aussi une discrimination faite au femmes ; il est évident que certaines sont forcées (contraintes physiques, psychologiques ou sociales) à le porter ; mais il est aussi évident qu'au moins une femme le porte volontairement, et souvent contre l'avis de l'entourage. Alors, déjà, cette femme aura sa liberté restreinte non par des islamistes dangereux mais par l'Etat. Ensuite, faisons un constat : il existe des femmes voilées intégralement ; ces femmes ont intégré cela à leur conception de la féminité (peu importe qu'elles aient raison ou tort, c'est un fait) ; les obliger à se dévoiler est-ce autre chose que d'attenter à leur pudeur ? est-ce autre chose que de leur imposer une conception occidentale (pour ne pas dire capitaliste) de la féminité ? Les femmes qui servent à vendre des produits grâce à la publicité, celles qui s'habillent en mini-jupe, ou n'importe quelle autre qui "choisit" son style vestimentaire, sont-elles plus femmes que les autres ? Sont-elles plus libres que les autres ? Se soumettre au matraquage publicitaire (par essence subliminal, et donc d'autant plus pervers) est-ce mieux que de savoir qu'on est esclave d'un système religieux ou social ? Et quel choix laissons-nous à ces femmes "soumises" ? Soit vous enlevez le voile et vous vous faites taper à la maison, soit vous ne l'enlevez pas et vous payerez des amendes. Si c'est aux femmes battues et forcées qu'on s'adresse, on leur rendra la vie encore plus difficile. Et si c'est à celles qui choisissent le voile, on leur imposera une idée de la féminité dont elle ne veulent pas. Et qu'est-ce qu'un État démocratique qui veut soumettre le peuple à une certaine idéologie ? Quels sont les vrais enjeux ? Les femmes voilées consomment-elles moins (puisque le maquillage, les cosmétiques, les bijoux etc. leur sont inutiles) ? Gênent-elles le regard prude des personnes "libres" ? A moins que leur apparence ne soit pas suffisamment sensuelle...Quoi qu'il en soit, cher Gouvernement qui t'intéresse au bien du peuple, si tu veux aider ces femmes qui, d'après ta sagesse infinie, sont en difficulté, arrête de supprimer des postes dans l'Education nationale, arrête de diminuer les moyens de l'éducation, de la santé, des services sociaux, de la culture ; arrête de permettre à des capitalistes de détenir les médias ; arrête d'enrichir les riches ; arrête de manipuler l'opinion ; arrête de consommer des millions pour vivre dans le luxe ; arrête tout en fait et démissionne, nous t'en saurons gré. Mais, par dignité (mais si, je suis sûr qu'il t'en reste), cesse de détourner le regard des vrais problèmes pour le diriger vers les symptômes de ta déchéance. Quand le tissu dont sont faits vos vêtements, chers élus du peuple pour le peuple, coûtera aussi peu cher qu'un voile intégral acheté au marché, à ce moment-là seulement vous pourrez peut-être vous présenter honnêtement devant nous et nous dire que vous nous voulez du bien.

 

Et deuxièmement, sur les parents végétaliens et criminels. Madame, vous venez de perdre une nouvelle occasion de vous taire. Vous confondez tout, pour des raisons simples : vous ignorez le sujet ou vous avez un intérêt idéologique à jouer sur les préjugés. Le végétalisme n'est pas une conception religieuse ni une "conception" alimentaire (vous l'avez inventée cette expression ?) mais une exigence de justice à l'égard des animaux et des hommes. Il devrait vous être interdit, en tant que représentante du peuple, d'offenser aussi facilement des citoyens qui cherchent à mieux penser et vivre. Vous devriez vous interdire de faire d'un cas une généralité...Beaucoup d'enfants de parents omnivores sont morts pour diverses raisons sans que cela remette en cause l'omnivorisme...Mais, comme beaucoup de politiques ou de personnages publics invités sur les plateaux radio ou télé, vous vous devez de faire des raccourcis, au prix de la profondeur du discours et d'une analyse objective. Mais le temps à l'antenne presse, et la presse, je comprends, se soumet à la logique marchande puisque le soutien des médias vient surtout des détenteurs du capital.

 

Vive le politiquement correct...

 

Cristi Barbulescu

 

 

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Published by Cristi Barbulescu - dans Réflexions approfondies
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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 21:48

Ici un article sur le prix du repas du 13 juillet 2008 auquel ont participé quelques chefs d'Etat link (dois-je rappeler que cet argent est celui des citoyens ?)

 

Et ici une vidéo sur la faim en France, toujours en 2008 link

 

Un chef d'Etat mange un repas qui coûte environ 5000 euros. C'est le prix des dépenses alimentaires d'un ménage français en une année link

 

Je crois qu'il n'y a pas besoin de commentaires. Mais je pose quand même une question rhétorique : les politiques travaillent-ils pour le peuple ou bien est-ce l'inverse ?

 

Cristi Barbulescu

 

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Published by Cristi Barbulescu - dans Politique et société
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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 11:29

"Belle est la goutte d'eau sur la tige. Elle n'est pas trop petite pour être le miroir du soleil." Friedrich Rückert

goutte d eau sur feuille de songe

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Published by Cristi Barbulescu - dans Citation du jour
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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 23:27

 

Pour une traduction en Français de ce merveilleux poème allez ici link 
Cristi Barbulescu
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Published by Cristi Barbulescu - dans Histoires et poèmes
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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 22:48

Tu peux m'ôter le pain,

m'ôter l'air, si tu veux ;

ne m'ôte pas ton rire;

Ne m'ôte pas la rose,

le fer que tu égrènes

ni l'eau qui brusquement

éclate dans ta joie

ni la bague d'argent

qui déferle de toi.

De ma lutte si dure

je rentre les yeux las

quelquefois d'avoir vu

la terre qui ne change

mais, dès le seuil, ton rire

monte au ciel, me cherchant

et ouvrant pour moi toutes

les portes de la vie.

A l'heure la plus sombre

égrène, mon amour,

ton rire, et si tu vois

mon sang tâcher soudain

les pierres de la rue,

ris : aussitôt ton rire

se fera pour mes mains

fraîche lame d'épée.

Dans l'automne marin

fais que ton rire dresse

sa cascade d'écume

et au printemps, amour,

que ton rire soit comme

la fleur que j'attendais,

la fleur guède, la rose

de mon pays sonore.

Moque-toi de la nuit,

du jour et de la lune,

moque-toi de ces rues

divagantes de l'île,

moque-toi de cet homme

amoureux maladroit,

mais lorsque j'ouvre, moi,

les yeux ou les referme,

lorsque mes pas s'en vont,

lorsque mes pas s'en viennent,

refuse-moi le pain,

l'air, l'aube, le printemps,

mais ton rire jamais

car alors j'en mourrais.

 

Pablo Neruda

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Published by Cristi Barbulescu - dans Histoires et poèmes
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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 10:52

"L'avenir pour moi n'a plus de rêves, mais les jours d'autrefois se représentent comme baignés d'une vapeur d'or. Sur ce fond lumineux où de chers fantômes me touchent les bras, la figure qui se détache le plus splendidement, c'est la vôtre, oui la vôtre!" dernière lettre de Flaubert à Elisa Schésinger d'octobre 1872 (Flaubert mourra 8 ans plus tard)

 

Qu'y a-t-il de pire que d'arriver à la fin de sa vie et se dire que nous avons raté notre bonheur? Cette femme qu'il avait aimée toute sa vie n'a jamais eu une vraie relation de couple avec lui. Flaubert a raté (était-ce par trop peu de courage?) la femme de sa vie qui, elle, a continué une relation qui ne la satisfaisait pas vraiment. Qu'y a-t-il de pire que de regarder son passé et avoir le remord suprême : j'aurais dû oser le bonheur de l'amour ? Rien, rien n'est pire. Il faut apprendre à vivre pleinement, sans peur, sans remords. Il faut faire les choses quand nous avons l'occasion de les faire puisque les occasions ne se présentent pas quand nous le voulons. Un des plus grands principes de sagesse, "carpe diem", cueille le jour, doit être appliqué : c'est aujourd'hui que nous vivons, pas hier, pas demain, aujourd'hui. Hier n'est plus et demain ne sera peut-être pas. Le seul moment propice au bonheur est le moment présent (d'ailleurs, si nous regardons l'autre sens du mot "présent" qui est "cadeau" nous comprendrons mieux pourquoi). Il faut finir sa vie en se disant, comme Musset, "J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui."

 

L'important n'est pas tant d'être heureux que de ressentir. Il faut vivre pour ressentir, vivre pour aller au fond des choses et ne pas se contenter de banalité et de superficialité. Vivre et non survivre.

 

Cristi Barbulescu

 

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Published by revolutie - dans Pensées éparses
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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 12:28

La philosophie aurait pu continuer sur le chemin qui était déjà le sien, celui d'une interrogation cosmogonique. Non pas que le souci éthique n'ait pas existé, mais sa place n'était pas primordiale. Avec Socrate, elle le devient. Celui-ci affirme s'intéresser exclusivement à l'homme et à ses mœurs et pensées. Pourtant, d'après ses dires, cet intérêt ne débouche pas sur un savoir, tout au contraire. La progression dans la connaissance de l'homme serait-elle un cheminement vers l'ignorance ?

 

La philosophie commence avec l'étonnement. « Thaumazein » exprime un objet fabriqué qui émerveille (une marionnette par exemple) mais il signifie d'abord chez Empédocle l'étonnement

et l'admiration de tout ce qui est et pas seulement des événements extraordinaires. D'après Aristote, la philosophie a commencé avec le savoir désintéressé, avec le savoir qui trouvait en lui-même sa raison et cette recherche est la conséquence de l'étonnement. Naturellement, cette recherche s'est dirigée vers ce qui était extérieur à l'homme tentant souvent de justifier l'ordre du monde a posteriori, comme émanant d'une volonté supérieure. Dans cet ordre du monde, le rôle que l'homme devait jouer était en grande partie déterminé d'avance. Décrivant l'homme comme l'être le plus digne d'admiration, Empédocle affirme que cette admiration est justifiée par l'existence d'un fil d'or qui, s'opposant aux fils de fer, fait de l'homme un être capable de guider sa vie d'après une réflexion préalable. Par cela il pose donc que l'homme est en grande partie maître de son sort. L'apparition de Socrate ne change pas fondamentalement cette réflexion éthique amorcée par les physiologues voire même par des poètes comme Homère et Hésiode. Nous pouvons même dire que Socrate restreint considérablement le champ de la réflexion quand il décide de s'intéresser uniquement aux questions éthiques. Il n'y a pas besoin, pour connaître l'homme, de cosmogonie ou de physique. Partant du principe que le plus important, pour tout homme, c'est de mener une belle (ou bonne, ces termes étant presque synonymes dans la Grèce antique) vie, Socrate décide de retreindre son champ de réflexion aux choses éthiques (ethika). Ainsi, dans les dialogues qu'il porte, ne s'intéresse-t-il qu'aux valeurs. Puis, au delà des raisons idéologiques qui le poussent à s'intéresser à l'éthique, il y a des raisons purement historiques et politiques : la campagne de Péricles s'avère, à cause principalement de la peste, être un échec total, la guerre avec Sparte s'éternise, la mort de Péricles jette Athènes dans un chaos politique et marque l'affaiblissement de la raison. Dans ce contexte, une réflexion critique est plus que nécessaire, ces malheurs venant, dit Socrate, qui s'est opposé à la guerre avec Sparte, de l'incapacité (ou du moins de la non-utilisation) des hommes à user de leur raison critique.

 

Redisons-le, la grande originalité de Socrate n'est pas de parler des choses éthiques mais de le faire sous la forme d'un dialogue basé sur l'elenchos, la mise à l'épreuve. L'elenchos est un échange par question-réponse dans lequel une thèse est discutée si elle est affirmée par l'interlocuteur comme étant la sienne propre et réfutée si et seulement si la réfutation est tirée des connaissances de ce même interlocuteur disait, à peu près, Vlastos. Cela veut dire, très clairement, que Socrate ne s'occupait pas de vérité métaphysique mais de la valeur de l'existence. L'intérêt du dialogue ne devait pas dépasser le dialogue lui-même. Certes, l'exigence de définition n'était pas sans chercher une sorte d'universel, mais Socrate ne cherchait pas une vérité absolue applicable à tous les cas possibles. Sa volonté était de mettre à l'épreuve les opinions de son interlocuteur pour en déceler des contre-vérités et des incohérences. Socrate ne possédait que cette sagesse proprement humaine qui est la science de son ignorance. Dans une pure recherche du Bien, Socrate pousse ses interlocuteurs à rendre des comptes sur leurs idées et leurs actes et surtout à détecter des incohérences dans la « réflexion appliquée ». L'intérêt de Socrate n'est pas seulement théorique mais surtout pratique car à quoi servirait de réfléchir à l'éthique sans appliquer ses réflexions ? Discourir avec l'autre sur la vertu (chose qui, d'après Socrate, est la meilleure que nous ayons à faire) c'est incontestablement devenir vertueux. La pratique de l'elenchos c'est la pratique de la vertu elle-même puisque le principe socratique est bien connu : qui connait le bien ne peut pas ne pas le faire (d'où l'intérêt d'une vraie et bonne définition).

Les dialogues socratiques peuvent souvent paraître aporétiques mais c'est oublier qu'éliminer l'erreur c'est, indirectement, s'approcher de la vérité. Ne rien savoir n'est pas ne savoir rien mais être capable d'appréhender son ignorance sur les choses les plus essentielles.

 

Avec la condamnation à mort de Socrate les Grecques découvrent un autre genre de héros que ceux homériques qui tirent leur gloire de leur vaillance guerrière. Non pas que Socrate n'ait pas été un bon guerrier (rappelons-nous qu'il sauve Alcibiade par exemple) mais son héroïsme réside ailleurs : il vit et meurt en ne se soumettant qu'à sa raison. Voilà la raison de la vie qui est aussi celle de sa mort.

 

Cristi Barbulescu

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