Vous pouvez me retrouver désormais sur http://imaginerunmondemeilleur.wordpress.com/
"La fonction de penser ne se délègue point." Alain
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« Le surplomb audacieux de rochers menaçants, des nuées orageuses s’amoncelant dans le ciel et s’avançant parcourues d’éclairs et de fracas, des volcans dans toute leur violence destructrice, des ouragans semant la désolation, l’océan sans limites soulevé en tempête, la chute vertigineuse d’un fleuve puissant, etc. réduisent notre faculté de résistance à une petitesse insignifiante comparée à leur force. Mais leur spectacle n’en devient que plus attirant à la seule condition que nous soyons en sécurité ; et c’est volontiers que nous appelons sublimes ces phénomènes, car ils élèvent les forces de l’âme au delà de leur niveau habituel et nous font découvrir en nous une faculté de résistance d’une tout autre sorte qui nous donne le courage de nous mesurer à l’apparente toute-puissance de la nature » Kant, Critique de la faculté de juger, Analytique du sublime §28
Le processus de la pensée vraie, de la vraie pensée ou de la pensée libre ne commence qu'au moment où on remet en cause ce processus même
on ne pense vraiment qu'après s'être demandé « pourquoi ? » ; et, plus amplement, quand on interroge le sens, l'origine ou la cause de notre pensée
je vois un Arabe casser une vitre de voiture et il est possible que la première pensée qui me vienne à l'esprit soit « forcément, encore un Arabe » ; cette pensée n'en est pas vraiment une : elle est une « impulsion » psychique, une réaction instinctive mais en aucun cas une « vraie » pensée. Cette suite de mots « forcément, encore un Arabe » n'est pas consciemment choisie parmi plusieurs suites possibles mais elle s'impose à nous. Elle vient d'on ne sait où (ces expressions et « pensées » sont véhiculées par la société, nous les avons entendues dans des circonstances semblables et sommes soumis à leur apparition) et ne nous laisse pas la possibilité de décider de sa venue. En ce sens, et quand nous nous arrêtons là, nous ne pensons pas mais sommes pensés ; nous sommes le simple véhicule d'expressions inventées et propagées par d'autres. A ce moment-là, notre liberté de pensée est inexistante. La vraie pensée ne commencera qu'au moment où nous interrogerons cette expression toute faite et lui donnerons et trouverons des explications élargies.
pour penser il faut chercher l'origine des expressions qui nous traversent l'esprit
Cristi Barbulescu
La pétition est ici link
Pendant une visite de Mme. Nadine Morano du stand Kookaï une employée, Albane, fait une blague sur cette première en disant
à un collègue que, pour mettre par terre le garde du corps il fallait d'abord "casser la gueule de Mme Morano". Pas de chance, Albane est entendue et vivement réprimandée. Elle s'excuse et
reconnaît qu'elle avait eu un langage déplacé. Mais Mme Morano veut "des suites à ce dossier" et, hasard du sort, Albane est licenciée pour faute grave.
Certes le langage d'Albane a été quelque peu déplacé, mais quelque chose me dit que le licenciement a plus à voir avec la
position de Nadine Morano (qui est, attention, ministre !) qu'avec l'attitude incorrecte de l'employée. Puis, rappelons nous, quand le président de la République, M. Sarkozy, avait dit à un
agriculteur "casse toi pov'con" il n'a pas été licencié pour faute grave. Ces politiques sont-ils là pour représenter les intérêts du peuple ? Les dirigeants de Kookaï ont-ils perdu leur
honneur ? Qu'ils la regagnent en gardant Albane.
Ce licenciement est abusif. Un simple blâme aurait été plus juste.
L'histoire révélée par Rue89 se trouve ici
http://www.rue89.com/2011/05/30/elle-plaisante-sur-morano-et-est-licenciee-pour-faute-grave-206765
Nous demandons l'annulation sans conditions du licenciement et la réintégration d'Albane au même poste et sous le même
contrat.
Albane a déjà présenté ses excuses. A Kookaï et à Mme. Morano de présenter les leurs pour les suites exagérées et absurdes
de cette simple histoire entre deux personnes égales en valeur.
Cristi Barbulescu
Ce matin, sur RTL, radio que, vous me pardonnerez, je n'écoute jamais (d'ailleurs, rien qu'à lire certains commentaires ici link, à gauche de la page, on comprend un peu quel genre de public s'y intéresse...) était invitée madame Jeannette Bougrab, qui représente, avec d'autres, la volonté (bien sûr exempte d'hypocrisie électorale) du gouvernement de se montrer égalitaire et non-discriminatoire. Sans nier ses compétences politiques dont je ne doute pas puisque, avant aujourd'hui, je n'avais jamais entendu parler d'elle, je me permets de douter de ses rapports logiques et de sa capacité à cerner les enjeux (à moins qu'elle ait d'autres intérêts que le bien du peuple et la justice, mais cela m'étonnerait, elle de droite quand même...) politiques, philosophiques et sociaux de ses propos.
Premièrement, sur le port du voile intégral (qui couvre donc le visage en entier) dans les lieux publics (traduction : nous sommes contre l'oppression de la femme dans les lieux publics, par contre si cela se fait dans les lieux privés, nous n'avons rien à y redire) : je suis contre l'oppression sous toutes ses formes et je voudrais que les êtres puissent être tels qu'ils ont envie d'être ; il est évident que le système du voile est aussi une discrimination faite au femmes ; il est évident que certaines sont forcées (contraintes physiques, psychologiques ou sociales) à le porter ; mais il est aussi évident qu'au moins une femme le porte volontairement, et souvent contre l'avis de l'entourage. Alors, déjà, cette femme aura sa liberté restreinte non par des islamistes dangereux mais par l'Etat. Ensuite, faisons un constat : il existe des femmes voilées intégralement ; ces femmes ont intégré cela à leur conception de la féminité (peu importe qu'elles aient raison ou tort, c'est un fait) ; les obliger à se dévoiler est-ce autre chose que d'attenter à leur pudeur ? est-ce autre chose que de leur imposer une conception occidentale (pour ne pas dire capitaliste) de la féminité ? Les femmes qui servent à vendre des produits grâce à la publicité, celles qui s'habillent en mini-jupe, ou n'importe quelle autre qui "choisit" son style vestimentaire, sont-elles plus femmes que les autres ? Sont-elles plus libres que les autres ? Se soumettre au matraquage publicitaire (par essence subliminal, et donc d'autant plus pervers) est-ce mieux que de savoir qu'on est esclave d'un système religieux ou social ? Et quel choix laissons-nous à ces femmes "soumises" ? Soit vous enlevez le voile et vous vous faites taper à la maison, soit vous ne l'enlevez pas et vous payerez des amendes. Si c'est aux femmes battues et forcées qu'on s'adresse, on leur rendra la vie encore plus difficile. Et si c'est à celles qui choisissent le voile, on leur imposera une idée de la féminité dont elle ne veulent pas. Et qu'est-ce qu'un État démocratique qui veut soumettre le peuple à une certaine idéologie ? Quels sont les vrais enjeux ? Les femmes voilées consomment-elles moins (puisque le maquillage, les cosmétiques, les bijoux etc. leur sont inutiles) ? Gênent-elles le regard prude des personnes "libres" ? A moins que leur apparence ne soit pas suffisamment sensuelle...Quoi qu'il en soit, cher Gouvernement qui t'intéresse au bien du peuple, si tu veux aider ces femmes qui, d'après ta sagesse infinie, sont en difficulté, arrête de supprimer des postes dans l'Education nationale, arrête de diminuer les moyens de l'éducation, de la santé, des services sociaux, de la culture ; arrête de permettre à des capitalistes de détenir les médias ; arrête d'enrichir les riches ; arrête de manipuler l'opinion ; arrête de consommer des millions pour vivre dans le luxe ; arrête tout en fait et démissionne, nous t'en saurons gré. Mais, par dignité (mais si, je suis sûr qu'il t'en reste), cesse de détourner le regard des vrais problèmes pour le diriger vers les symptômes de ta déchéance. Quand le tissu dont sont faits vos vêtements, chers élus du peuple pour le peuple, coûtera aussi peu cher qu'un voile intégral acheté au marché, à ce moment-là seulement vous pourrez peut-être vous présenter honnêtement devant nous et nous dire que vous nous voulez du bien.
Et deuxièmement, sur les parents végétaliens et criminels. Madame, vous venez de perdre une nouvelle occasion de vous taire. Vous confondez tout, pour des raisons simples : vous ignorez le sujet ou vous avez un intérêt idéologique à jouer sur les préjugés. Le végétalisme n'est pas une conception religieuse ni une "conception" alimentaire (vous l'avez inventée cette expression ?) mais une exigence de justice à l'égard des animaux et des hommes. Il devrait vous être interdit, en tant que représentante du peuple, d'offenser aussi facilement des citoyens qui cherchent à mieux penser et vivre. Vous devriez vous interdire de faire d'un cas une généralité...Beaucoup d'enfants de parents omnivores sont morts pour diverses raisons sans que cela remette en cause l'omnivorisme...Mais, comme beaucoup de politiques ou de personnages publics invités sur les plateaux radio ou télé, vous vous devez de faire des raccourcis, au prix de la profondeur du discours et d'une analyse objective. Mais le temps à l'antenne presse, et la presse, je comprends, se soumet à la logique marchande puisque le soutien des médias vient surtout des détenteurs du capital.
Vive le politiquement correct...
Cristi Barbulescu